Publié par : MaTo | novembre 12, 2008

Un Froid de poulet

Ça fait quelques temps que je n’ai pas mis ce blogue à jour. Même lorsque l’on vit au Laos, la routine fini par se faire ressentir, tissant ses toiles de normalité réconfortante et refroidissant la créativité et l’inspiration. Pourtant, je continue tout de même à écrire régulièrement des articles pour Suite101. C’est d’ailleurs le besoin de rencontrer mon échéance pour ce site que je n’ai pas écrit sur mon blogue à propos du dernier événement majeur à avoir réussit à sortir Sainyabouli de sa torpeur : le festival des courses de pirogues. J’ai quand même écrit un article en anglais à ce propos, qui se trouve ici.

J’avais déjà écrit il y a quelques mois, que la saison sèche et fraiche de novembre à février était la plus belle période de l’année. Je me ravise. C’est bien d’avoir tous les jours un beau ciel bleu, de ne plus avoir à marcher dans la boue, de ne pas suer à grosse goute à la moindre petite activité physique (comme se lever debout), mais il fait vraiment froid.

Vous qui êtes au Québec, dans la neige, me rirons certainement au nez. Écoutez-le donc celui-là qui ce plaint qu’il fasse un peu froid dans un pays tropical! Qui ne peut pas supporter un misérable froid de 10 dégrée! Il a déjà oublié ce que c’est que le vrai “frette”! À ça, je répondrais qu’au Québec, les demeures sont bien isolées, les douches sont chaudes et que le transport se fait à l’abri dans une voiture ou un autobus. Ici, les maisons sont complètement ouverte sur l’extérieur et ne sont pas du tout isolées, les petits chauffaud de douche électrique peuvent uniquement transformer de l’eau froide en eau plutôt tiède, que le transport en moto devient une torture et que l’humidité tropicale, une fois refroidie, pénètre facilement les gilets de laine, les couvertures de lit et même les pores de la peau. Bref, il fait un véritable froid de canard.

Cependant, depuis quelques semaines, ce sont bien plus les poulets qui grelotent. Ils craignent sérieusement que leur courte vie soit écourtée encore davantage depuis que des symptômes de la grippe aviaires aient été décelés chez certains de leurs congénères. Ainsi, deux choix s’offrent aux poulets (et aux canards, oies et dindes) : soit être mangé avant son heure ou bien finir dans un grand sac pour matières biologiques contaminées.

Aucun sentiment de panique ou de peur n’est perceptible chez la population par contre. Peut-être est-ce due à l’absence de l’effet d’amplification des médias de masse, qui permet une diffusion calme et rationnelle de l’information par les services de santé publique. Peut-être est-ce due à l’absence d’état de sur-aseptisation, caractérisant l’Occident, où la maladie est plutôt vue comme un ennemis étranger à combattre (au même niveau que le terrorisme, la drogue et les accommodements raisonnables) au lieu d’un aspect naturel et inévitable de la vie. Peut-être est-ce simplement due à la nature paisible, posé et contemplative de la culture Lao.

Tout le processus de prévention semble se faire dans le calme et la procédure, sans que personne ne soit inquiété, à part les poulets biens sur. Le quartier où le poulet malade a été découvert à complètement été nettoyé de sa volaille. Les quartiers des alentours se sont dépêché à manger tout leurs poulets avant qu’ils ne soit malades. Pendant plusieurs jours, on pouvait apercevoir un nombre anormalement élevé de petites fêtes tout autour du premier quartier nettoyé. Des fêtes du genre “Je fournis les poulets, tu fournis la bière”. À mesure que les jours avançaient et que le processus de prévention étendait son champ d’action, de plus en plus de quartiers devaient commettre leur propre hécatombes aviaires et manger plus de poulet en quelques jours que durant le mois précédant en entier. Les chanceux ayant des congélateurs, les remplirent de poulets déplumés.

Déplumés de son importante population de volaille, Sainyabouli ressemble presque à une ville fantôme. Elle est certes encore remplis de monde, de chiens, et vaches, et buffles d’eau et de chèvres, mais sans tous les poulets qui courent habituellement dans les rues et les champs, une importante parcelle de la vie semi-urbaine lao manque à l’appelle. La prochaine étape des autorités publique sera de débusquer les collaborateurs de poulets cachés : Ces hors-la-loi qui mettent en péril la santé publique pour pouvoir garder quelques volailles clandestines en vie. Comme à l’époque de l’État-policier, les autorités pourront probablement compter sur un réseau d’informateurs anonymes pour mettre la main sur les fautifs et les envoyer dans des camps de rééducation, euh, non, plus maintenant… Pour leur faire payer une modeste amande et confisquer leur volaille proscrite.

Mais les poulets reviendront un jour, et la vie normale continuera sont cours.

Sur un autre sujet, de nouvelles photos sont à venir…


Réponses

  1. Pendant que les poulets perissent au Laos, une multitudes de poules sans tete envahissent les centres d’achat du Quebec pour le temps des fetes. Le traffic devient de plus en plus dense la fin de semaine et tous doivent penser a gerer leur budget des fetes.

    Le temps des fetes est pour moi une partielle partie de mon enfer.

    Le froid me cottoit seulement dans ma voiture lorsque je ne suis pas bien habille.

    Combat le froid et l’ennui avec bravourre Mato!

    A+

    Jean Dallaire

  2. Je serais plutôt d’accord pour dire que du moins ici au Québec que Noel est une fête commerciale.

    Par contre, la fête est la perception que tu en as. Moi je préfère voir que c’est une fête de famille où on a la chance de veiller avec ses proches. De plus, je trouve ça bien agréable de donner un cadeau aux gens que l’on s’est rapproché avec le temps, et que l’on a appris à connaître maintenant que l’on est sorti de l’adolescence (et de l’insouciance?), comme mon frère par exemple (je lui ai acheté un livre de Dexter). Un autre exemple, l’année passée j’ai donné une veste un peu plus à la mode que ce qu’il porte normalement et j’ai trouvé ça pas mal cool qu’il la porte toute l’année.

    Je dirais que plutôt d’accuser la fête d’être commerciale, nous devrions plutôt nous accuser d’être individualistes et d’oublier ce que c’est de donner, que ce soit sous forme de temps, d’attention ou de matériel à ses proches.

    Peut-être que nous devrions profiter de l’occasion pour porter un regard sur nous-mêmes…

  3. Ah oui, j’oubliais Mato, lâche pas avec le froid, ce qui ne tue pas rends plus fort, quand tu vas revenir au Québec, tu vas pouvoir te dire que -40 est pas si pire que ça finalement :)

  4. Comme c’est partie, je reviens vers la fin février, alors j’espère bien ne pas avoir à subir trop de -40…


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