Publié par : MaTo | septembre 1, 2008

La Revanche des Russes (Partie 2)

Seconde partie

L’indépendance du Kosovo peut être perçut comme une immense tragédie pour toute personne se souciant du respect du droit international et du maintient de la paix dans le monde. C’est cette folie insensée des États-Unis et d’une poignée d’autres pays (45 sur près de 200, jusqu’à maintenant) à reconnaître l’indépendance de ce minuscule territoire à un moment où la Russie n’a jamais été aussi en confiance depuis deux décennies, qui a mené à la guerre en Géorgie. Pour la toute première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les frontières d’un État souverain (la Serbie) ont été redéfinie par une armée occupante (l’OTAN) et ce, sans l’accord du Conseil de Sécurité de l’ONU. Toute les règles de droit international des soixante dernières années ont été jeté à la poubelle.

Et ce pourquoi? Essentiellement pour assurer le maintient de la base militaire américaine de Camp Bondsteel du Kosovo : la plus grosse base à l’extérieur des États-Unis. Une blague militaire raconte que seules deux constructions humaines peuvent être vues de l’espace : la Grande Muraille de Chine et Camp Bondsteel. Effectivement, la base est assez facile à repérer avec Google Earth. Cette base sert entre autre à protéger le fameux oléoduc trans-Balkan ou AMB (Albanie-Macédoine-Bulgarie), auquel l’Albanie avait conditionné son appui à l’indépendance de ses cousins Albanais du Kosovo. Pour relier la Mer Noire à la Méditerranée, AMB est en compétition avec son alternative russe : l’oléoduc Burgas-Alexandropoulis (Bulgarie-Grèce). De retour encore une fois à la géopolitique de l’énergie.

Camp Bondsteel joue aussi un rôle central dans l’approvisionnement de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan ainsi que comme point de départ des missions de bombardement aériens. La base aurait aussi un rôle important dans l’éventualité d’une attaque contre l’Iran. De plus, il est évidant que l’une des nombreuses prison secrète de la CIA, où l’on torture des présumés terroristes, s’y trouve. Aux yeux de la Russie, Camp Bondsteel est un affront et une menace qui les visent directement. Une fois la souveraineté du Kovoso redonnée à la Serbie, il est certain que Belgrade aurait ordonné la fermeture de la base, d’où l’intérêt d’accorder l’indépendance au territoire le plus criminalisé d’Europe.

Ainsi, le Kosovo est laissé entre le pouvoir absolue des commandants génocidaires de l’Armée de Libération du Kosovo, baptisée par certains les « Talibans de l’Europe ». Ses miliciens ont été entraîné dans les années 1990, pour mener des opérations terroristes en Serbie, par les même militants arabes et afghans liés à l’Arabie Saoudite (et appuyés par les services secrets américains, britanniques et tuques), que l’OTAN combat aujourd’hui en Afghanistan. Le Kosovo est aujourd’hui la principale plaque tournante en Europe pour le trafic de drogues, d’armements et d’esclaves, tout ça avec la protection de l’OTAN. La mafia kosovar est désormais tellement puissante à travers toute l’Europe que les trois principales familles mafieuse siciliennes rivales s’étaient rencontrés il y quelques années pour discuter d’une éventuelle alliance contre les Kosovar. Et tout ça pendant que la Serbie est devenue une démocratie plutôt mature tournée plus que jamais vers l’Europe.

La Russie a répliqué en mettant à jour l’hypocrisie des puissances appuyant l’indépendance du Kosovo. Pourquoi donc ne pas accorder l’indépendance au territoires renégats pro-Russes de Transnistrie en Moldavie, ou d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud en Géorgie. Est-ce qu’il faudra maintenant envahir tous les pays qui maltraitent une de leurs minorités? Ou seulement ceux qui ne se soumettent pas aux dictats des Occidentaux (Serbie, Irak, Soudan…)?

Le dangereux précédant du Kosovo a fait du droit international une véritable farce et a transformé en parfaits hypocrites toutes puissances occidentales critiquant l’invasion de la Géorgie par la Russie. Après tout, depuis 1990 (avant même la dissolution de l’Union soviétique), les Ossètes du Sud réclament leur rattachement à l’Ossétie du Nord, qui fait partie de la Russie. Ces derniers ont de nombreuses raisons de craindre la domination Géorgienne et Tbilissi a toujours préféré l’utilisation de la force contre ses minorités au lieu du dialogue. La seule raison pour laquelle la province se situe en Géorgie, séparé de ses cousins du Nord, est l’esprit tordu de Staline (lui-même Géorgien), qui a poussé à l’extrême la doctrine de « diviser pour régner » partout aux marges de l’ancienne URSS.

Au début des années 1990, la Russie a envoyé des soldats de maintient de la paix pour mettre fin aux guerres civiles en Abkhazie et en Ossétie du Sud (guerres que la Géorgie avait perdue dans les deux cas). Moscou a volontairement « gelé » les conflits pour se garder un levier d’influence sur la Géorgie et a accordé la citoyenneté russe à tout résident des deux provinces la désirant. Dans un référendum en 2006, 99% des Ossètes du Sud ont voté en faveur du rattachement de leur province à la Fédération de Russie.

Les conflits auraient peut-être pu être réglés avec un Président plus conciliant à Tbilissi. La Russie a même proposé au début de l’année un règlement « à la Taiwan », c’est-à-dire que Moscou reconnaîtrait officiellement la souveraineté géorgienne sur les deux provinces et en échange la Géorgie s’engagerait à ne pas utiliser la force et à respecter les intérêts russes dans ces territoires. Washington a refusé, et donc Tbilissi aussi.

Car la Géorgie est une pseudo-démocratie, et les leader pseudo-démocrates n’ont pas réellement d’autre choix que de rester loyal à ceux qui les ont mit au pouvoir. Saakachvili est venu au pouvoir par la soi-disant « Révolution des roses » en 2003. Comme en Serbie quelque années plus tôt et en Ukraine un an plus tard, des dizaines de millions de dollars provenant d’organisations américaines de « promotion de la démocratie » ont permis la victoire d’un Président « pro-Occidental », c’est-à-dire prêt à faire de son pays un terrain libre pour que des puissances étrangères poussent des politiques de confrontation à l’égard de Moscou.

Ces organisations incluent le National Endowment for Democracy financé par le Congrès américain, le International Republican Institute, Freedom House et ses liens à la CIA, les fondations Open Society du milliardaire George Soros ou encore le Albert Einstein Institute au nom plutôt trompeur. La majorité ont été fondé sous l’administration Reagan dans son projet de privatisation des opérations clandestines. De prétendre qu’un leader venu au pouvoir grâce à des millions de dollars provenant d’un pays étranger puisse avoir une véritable légitimité démocratique est une imposture. Mais les vrai démocraties ont bien sûr des lois électorales strictes empêchant ce genre de pratiques.

Ces dernières années, l’administration Saakachvili a rapidement sombré dans l’autoritarisme et la corruption. La grande impopularité du Président a contribué à le pousser dans cette folle aventure en Ossétie du Sud dans le but de rallier la population autour de la perception d’une grande menace russe et ainsi fouetter le nationalisme géorgien (un nationalisme qui s’exprime souvent au détriment des Abkhazes et des Ossètes).

Ainsi, on tente que faire passer pour la victime le gouvernement de ce leader qui a fait appel a l’armée pour fusiller les supporteurs de l’opposition l’an dernier et qui vient de bombarder sans merci, en pleine nuit, et sans préavis, la population civile de la capitale d’Ossétie du Sud. Un véritable crime de guerre selon n’importe quel standard. D’ailleurs, aux yeux de l’opinion publique russe, l’intervention russe dans la province rebelle était nécessaire pour prévenir un génocide (contre une population dont 90% possèdent un passeport russe) et donc n’est pas bien différente de l’intervention de l’OTAN au Kosovo. En fait, il y a une différence majeure : L’armée russe n’a pas bombarder la Géorgie en entier pour complètement mettre le pays à genou, comme l’OTAN avait fait avec la Serbie en 1999.

Donc quelles seront les conséquences probables de ce conflit? Premièrement, Washington peut probablement oublier son désir d’intégrer la Géorgie à l’OTAN avant de nombreuses années, et peut-être même à jamais. La France et l’Allemagne ne le permettront pas. La crise a fait resurgir un nouveau schisme trans-atlantique rappelant les désaccords à propos de l’invasion de l’Irak. De nouveau, nous avons les États-Unis, le Royaume-Uni et la Pologne d’un côté, et l’Allemagne et la France de l’autre. L’OTAN risque d’en souffrir grandement et même de sombrer dans une crise de légitimité. Un prochain retrait humiliant de l’OTAN de l’Afghanistan pourrait bien enfoncer le dernier clos du cercueil.

Déjà les États-Unis, prévoyant l’inévitable, tente de contourner l’OTAN en négociant un accord de coopération militaire bilatéral avec la Pologne pour y placer des éléments de son bouclier anti-missile. La Russie perçoit ce bouclier comme étant dirigé contre elle et ayant comme but de permettre une première frappe nucléaire américaine sans que la Russie puisse contre-attaquer. En bref, remplacer « l’équilibre de la terreur » de la Guerre froide par la suprématie nucléaire de Washington.

Mais ce conflit a aussi démontré l’impuissance et l’insignifiance grandissante des États-Unis sur la scène internationale. Non seulement les États-Unis n’ont atteint aucun de leurs objectifs dans ce conflit, mais ils ont complètement été mit au second plan. C’est la France qui a servit de médiateur et presque aucun autre pays n’a critiqué ouvertement la Russie. De plus, Moscou n’a rien perdue de ses positions stratégiques dans le Caucase.

Peut-être assistons-nous enfin à la fin de l’ère de la « guerre contre le terrorisme », qui n’a jamais eu comme but d’enraillé réellement le terrorisme, mais plutôt de permettre à Washington de renforcer ses positions dans les points les plus stratégiques du globe, avant qu’une autre puissance ait assez de force pour entrer en compétition. Les États-Unis auraient vraisemblablement aimé que cette période dure plus longtemps, mais le retour à la réalité est arrivé.

De plus en plus, cette réalité nous fait percevoir que le monde unipolaire, après la fin du monde bipolaire de la Guerre froide, est terminé et que nous sommes entré dans une période de multiple pôles de puissances régionales. Mais même cela ne durera pas si longtemps. Si nous sommes pour retourner à un monde à deux pôles, ce ne sera pas Washington et Moscou, mais plus probablement Pékin et Moscou. Les États-Unis, l’Europe et le Japon devront se contenter de rôles secondaires au côté de nouveaux joueurs comme le Brésil, l’Inde et l’Iran. À savoir si la coopération Chine-Russie ne durera que le temps de mettre les États-Unis hors d’état de nuire pour ensuite s’effriter, ou si elle continuera par la suite, il est encore trop tôt pour le dire.


Réponses

  1. Vraiment très intéressant ces 2 derniers textes, je viens tout juste de les lire en attendant le début de mon cours qui est dans une heure. J’ai été fâché par la façon que les médias canadiens ont traité la nouvelle du “méchant envahisseur russe”. Ce n’est pas nouveau, mais nous sommes de plus en plus mal informer sur le sujet, et je me compte là-dedans. La journée où les russes ont envahis la Géorgie j’ai entendu la nouvelle à la radio (choi) au travail. Ils ont donnés peu de détails car cela venait d’arriver et eux-même ils en savaient très peu. Le lendemain, le sujet ne fait pas la première page, évidemment c’est Céline qui fait jaser le plus avec son spectacle à la con et les fameux Jeux Olympiques (de ce dont je me souvient du moins). Le conflit n’est mentionné qu’en page 46 en moitié de page avec peu de détails et de renseignements concrets. Les médias télévisés n’en font qu’un “pop-up” dramatique mondial montrant des scènes terribles de pauvres innocents attaqués par la Russie. Ils ont oublié de mentionner quelques détails en chemins…peut-être des détails négligeables, ça n’intéresse pas la population.

    Bref, c’est hors-sujet, tout ça pour dire que j’ai recherché des infos sur le conflit et j’en ai trouvé un peu. Ton texte est le meilleur que j’ai lu à présent. Le conflit remonte à beaucoup plus loin que je ne le croyais. J’aimerais que tu me dise pourquoi crois-tu que l’OTAN en est à ses derniers soupires?

  2. La couverture internationale en Occident est devenue une véritable farce. Il n’est même plus possible de bien comprendre l’actualité internationale même pour quelqu’un qui lirait un journal particulier à tous les jours tout en écoutant les nouvelles télévisées. L’effort et le temps nécessaire pour avoir une véritable vue d’ensemble est trop grand pour la vaste majorité des gens et la concentration des médias dans des grands conglomérats est grandement à blâmer pour ça.

    Pour ce qui est de l’OTAN, l’organisation a survécu à la fin de la guerre froide grâce à son expansion vers l’Est. L’intégration de nouveaux pays donnait une raison d’être à l’institution et mettait de l’huile dans les roues de la bureaucratie. Avec la résolution du conflit en Géorgie en faveur de la Russie, l’expansion de l’OTAN dans le Caucase, mais aussi à l’Ukraine, est grandement incertain, mettant ainsi l’alliance dans une situation de stagnation où si elle n’évolue pas (en devenant une police mondiale par exemple), elle s’écroulera.

    Deuxièmement, la principale raison d’être de l’OTAN est de permettre aux États-Unis de demeurer la principale puissance en Europe. Or, la Russie est destinée pour remplacer les États-Unis comme principale puissance en Europe d’ici 20 ou 30 ans, peut-être avant, et ce pour diverses raisons. L’Union Européenne a le choix entre la confrontation avec Moscou, qui aura comme effet de rendre une future domination russe bien plus pénible, ou bien la création d’un partenariat profond sur un pied d’égalité avec des institutions et des balises de coopération claires pour intégrer l’Europe et la Russie le plus possible. Dans les deux cas, l’OTAN ne survivra pas. L’Europe se rendra compte un jour ou l’autre, que ses intérêts convergent davantage avec ceux de la Russie, qu’avec ceux d’une puissance se trouvant de l’autre côté de l’Atlantique. Le triangle Paris-Berlin-Moscou s’occupera des questions de sécurité en Europe au lieu de l’OTAN.

    Ensuite il y a l’Afghanistan. Une victoire totale telle que l’imagine les stratèges à Washington, Londres et Bruxelles est impossible. Le conflit peut se terminer de deux façons. Soit une défaite et un retrait humiliant après que la population entière du pays se soit soulever pour repousser les envahisseurs; soit un processus de négociation et réconciliation avec toutes les factions afghanes (y compris les Talibans) et tous les pays de la région, avec un retrait progressif de l’OTAN. Dans les deux cas, l’influence occidentale en Afghanistan sera grandement réduite, pour être remplacé par l’Iran, la Russie et la Chine. L’objectif de transformation de l’OTAN en police mondiale sera à l’eau et l’alliance en souffrira énormément.

    En résumé, voilà pourquoi l’OTAN va éventuellement disparaître. Ça peut prendre 10 ans, 20 ans ou 30 ans, dépendant des circonstances, mais déjà des craques sont en train d’apparaître. En moins d’un réalignement spectaculaire de la France et de l’Allemagne derrière les États-Unis (et si Sarkozy et Merkel n’ont pas pu le faire, qui le pourra?), l’OTAN deviendra bientôt obsolète et sans grande importance.

  3. L’OTAN a toujours été, à mon humble avis, qu’une insignifiante “clique” des États-Unis. L’Europe n’a pas besoin d’eux pour régler leurs problèmes, nous ne sommes plus en 1944. La politique n’est devenue à présent qu’une simple business, que Dieu est notre âme!(peu importe son nom ou lequel d’entre eux) xD

  4. Hey hey !

    Excellent texte qui nous informe sur la situation. Effectivement, la couverture médiatique de ce conflit, même à la radio de radio-canada, laisse à désirer. Je n’ai pas entendu grand monde pointer la contradiction entre la position Américaine (et Canadienne) pour le Kosovo et l’Ossétie du Sud. Vraiment deux poids, deux mesures.

    Je ne suis pas très satisfait de la couverture médiatique depuis un bon moment, même dans les nouvelles nationales (ie élections au Canada). Les journalistes mettent leur énergies à couvrir les la stratégie politique, l’image des politiciens et les petits scandales insignifiants.

    Par exemple, on n’a jamais entendu parler autant de Maxime Bernier (quand il était ministre des affaires étrangères) que lorsqu’il y avait le scandale avec son ex. Je pense que c’est pas mal plus important de parler des décisions qu’il prends (ou plutôt, celles qu’il ne prends pas, celles qui lui sont imposés).

    Bref, je sais que les médias se font souvent blâmer, mais moi je suis juste insatisfaits pour le service qu’ils me rendent.

    Je trouve que la BBC est pas mal fort sur l’international, et ont souvent tendance à offrir un point de vue plus balancé que d’autres médias occidentaux. J’aimerais entendre ton opinion à ce sujet.

    Continue le bon travail !

    Sherif

  5. Ca serait bien d’avoir ton opinion sur ce qu’il se passe en Bolivie.

  6. Les médias sont attaquer sur deux fronts. À la fois du côté financier où ils sont constamment sujets à des compressions, ce qui les rends plus à la merci des exigences et des sensibilités politiques des annonceurs et des propriétaires (tant privé que étatique).

    De l’autre côté, le public blâme sans cesse les médias d’amplifier ou déformer certains faits ou événements (ce qui est parfois vrai), mais dans le débat superficiel qui s’en suit, on finit le plus souvent par blâmer les journalistes ou lieu de remettre profondément en question la structure et le rôle des médias d’information.

    Malheureusement, je crois que la BBC est aussi victimes de ces tendances vers la médiocrité. Le réseau a perdu une grande partie de ses vétérans à Al-Jazeera après sa “restructuration” des dernières années. La BBC a largement tardé à couvrir substantiellement la crise en Géorgie et ce sans presque aucune analyse et mise en contexte. Tandis que les Jeux Olympiques prenaient toutes la place sur le site de la BBC (accompagné de quelques petits reportages contextuelle et ennuyants sur la Chine), Al-Jazeera y dédiait plusieurs articles poussées avec des lignes du temps et des analyses de qualité.

    C’est pour ça que je préfère cette deuxième source pour les nouvelles “brutes”. Mais pour ce qui est des analyses, je crois qu’aucune source n’arrive actuellement à la cheville de la qualité et la diversité de point de vue de Asia Times Online, basé en Thaïlande.

    En fait, je crois que dans le contexte internationale actuel de déclin graduel de l’Occident, les médias occidentaux sont de moins en moins pertinents. C’est comme si ils étaient incapables de s’adapter aux nouvelles réalités. Ou peut-être que ces médias ne voit plus l’intérêt de parler d’un monde qui ne lui appartient plus, qui s’émancipe de plus en plus de ses patrons occidentaux.

    C’est extrêmement dommage, car nous avons besoin plus que jamais d’information de qualité sur ce qui ce passe dans le monde. Un monde que plus personne ne peut se permettre d’ignorer à mon avis. Une chance que l’internet nous permet d’aller chercher ces informations ailleurs.

    L’Amérique latine n’est pas tellement un de mes centre d’expertise, mais en gros je crois que ce qui se passe en Bolivie est l’une des révolutions les plus significative du siècle, où pour la première fois en 500 ans, des autochtones amérindiens ont prit possession du pouvoir politique d’un État et désire utiliser ses ressources pour faire valoir leurs droits.

    Ils doivent par contre lutter contre une minorité blanche extrêmement raciste, qui, appuyé par Washington, tente de détruire la Bolivie et d’arracher son gaz naturel des mains des autochtones. C’est en quelque sorte l’Afrique du Sud de l’Amérique. L’apartheid bolivien est en train de prendre fin.

    Ces événements font aussi partie d’un processus plus vaste d’émancipation de l’Amérique latine après près d’un siècle de domination états-unienne. Si auparavant Washington pouvait mettre en place n’importe quel dictateur dans n’importe quel pays, à n’importe quel moment, ils sont maintenant résolue à appuyer des petits groupes d’extrêmes-droites en Bolivie et ils n’ont plus aucun allié en Amérique du Sud à l’exception de la Colombie. C’est essentiellement des tactiques désespérées pour tenter de déstabiliser une région qui n’a jamais été plus stable et unie de toute son histoire.

    Il faut aussi prendre en considération la pénétration chinoise, russe et iranienne en Amérique latine et en particulier en Bolivie. La région n’est définitivement plus “l’arrière-court” des États-Unis.


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