Publié par : MaTo | juin 19, 2008

Mon chez moi, loin de chez moi

Enfin une connexion à Internet. À partir de chez moi en plus! J’ai écrit ce texte il y a déjà 6 jours.

Je suis finalement arrivé et installé à Sainyabouli, une petite ville de quelques dizaines de milliers d’habitants dans le nord-ouest du Laos. Il me reste encore quelques préparatifs à faire pour me sentir vraiment chez moi, mais d’ici moins d’une semaine tout devrait être rentré dans l’ordre, pour le peu qu’il peut exister d’ordre dans un pays comme le Laos. Tout ici est aussi beau, chaud et pluvieux, en ce milieu de mousson, que la dernière fois que j’écrivais dans cette belle petite maison blanche et bleue que j’appelle mienne. C’était il y a trois ans, et j’avais réellement l’impression que je n’y remettrais pas les pieds avant une éternité.

Qu’est-ce qu’il y a de changé? Et bien nous avons maintenant de beaux trottoirs de ciment sur le bord des rues principales. Il y a un nouveau pont sur la Nam Houng. Il semble y avoir beaucoup plus de restaurants qu’avant, ce qui est un point très positif pour moi. Puis, les connexions Internet ADSL sont rendues ici, bien que très dispendieux (32$/mois pour une connexion 128k, 54$/mois pour 256k, 128$/mois pour 512k!). Mais ça, ce n’est que des changements superficiels. Sainyabouli demeure une petite ville qui se réveille très lentement, au pied de ses majestueuses montagnes et séparée du reste du Laos par le fleuve Mékong.

Pour ce qui est de l’adaptation, je dois avouer, que pendant un moment, je me suis sérieusement demandé ce que je faisais ici, à venir vivre, bien que temporairement, dans l’un des pays les plus pauvres et les plus reculés du monde. Voir ma maison qui avait presque été laissé à l’abandon et la solitude qui frappe lorsque l’on se retrouve loin de ce que l’on connait m’ont donné pendant un instant le goût de repartir en courant. Cependant, je retrouve peu à peu cet état paisible, presque zen, que j’avais connue il y a trois ans. J’ai ici la possibilité d’écrire sans me soucier de tous les distractions (travail, télévision, Internet à volonté, etc.) de la vie au Québec. Et puis les balades en moto au milieu des rizières et au pied des montagnes auraient de quoi charmer le plus désemparé des voyageurs.

Un expatrié américain de Luang Prabang m’a dit qu’il me trouvait plutôt brave que venir vivre ici, car premièrement je suis jeune, mais surtout car je viens vivre dans une ville de province et non dans l’un des deux principaux centres où les « falangs » (occidentaux) s’installent habituellement (Vientiane et Luang Prabang). « This is as local as I get », avait-il dit en montrant autour de lui son restaurant remplis de falangs, jouant de la musique américaine et servant des mets lao « falang-friendly ». Je n’ai pas su quoi répondre sur le moment, mais maintenant je dirais simplement qu’il n’a pas connu ce que c’est que la vie dans une « ville de province », et qu’il faut laisser à la vie locale sa chance de nous séduire. Ce qui est fait dans mon cas. Maintenant, je peux donc dire que j’ai retrouvé un endroit que je peux appeler « chez moi ». Un chez moi, loin de chez moi.


Réponses

  1. Pardonne moi mon ignorance, mais est-ce que c’est une maison a toi? Est-ce que la terre t’appartient?

  2. Officiellement, tout est à Ven. La possession d’une propriété ou d’une terre par un étranger n’est pas possible au Laos sans un partenaire Lao. Mais oui, je considère tout même ça comme ma maison et ma terre, où on y fait pousser du riz et des fruits.


Répondre

Votre réponse :

Catégories