Publié par : MaTo | décembre 4, 2006

L’OCI : l’islam dans le nouvel ordre mondial

Ce texte a été écrit dans le cadre d’un cours de politique (culture et relations internationales) à l’automne 2006.

Depuis déjà quelques années, plusieurs auteurs, commentateurs et analystes des relations internationales parlent de l’avènement imminent d’un système multipolaire. Il semble que nous soyons déjà très loin des discours sur « la fin de l’histoire »1 ou d’un « nouveau siècle américain »2. Il devrait donc être évident que le monde musulman ait sa place dans ce nouveau monde. Toutefois, aucun pays musulman ne peut, à lui seul, avoir un impact politique ou économique tel que le peuvent les pays BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine)3. C’est donc dans l’unité que les pays musulmans peuvent espérer jouer un rôle, et ce en mettant leur héritage islamique à l’avant plan. Dans ce sens, l’Organisation de la conférence islamique (OCI) peut représenter un véhicule institutionnel pouvant permettre une cohésion et une collaboration inter-étatique sur les bases identitaire, culturelle et idéologique qu’est l’islam.

Pourquoi, dans un système international sécularisé, baser la coopération politique et diplomatique sur un support religieux? Est-ce que la religion islamique elle-même favorise la solidarité politique, économique et culturelle au plan international? Et quelles sont les limites de cette solidarité? Après tout, plusieurs de ces pays ont expérimenté avec d’autres formes de solidarité, par exemple, sur des bases idéologiques ou nationales (communisme, panarabisme, tiers-mondisme). De plus, n’y a-t-il pas une contradiction inhérente à l’OCI, qui est un regroupement d’états, mais dont le trait commun est de partager l’islam, qui se réclame d’une identité universelle, qui transcende les concepts mêmes de nationalité, de citoyenneté, et de territoire? Est-ce que l’OCI peut être une version westphalienne de l’ummah? Finalement, est-ce qu’il y a véritablement une idéologie panislamiste dernière l’OCI, qui peut remettre en question le système international actuel?

Il y a certainement des limites à la solidarité islamique, mais depuis la fin de la guerre froide et encore davantage après le 11 septembre 2001, cette solidarité semble se consolider. Cet essai part donc de l’acceptation du fait que les origines historiques et la structure inter-étatique de l’OCI la rend incapable (ou non désireuse) de remettre en question le système international et qu’elle demeure sujette aux intérêts, parfois contradictoires, de ses membres, ce qui restreint toute volonté d’unité. Par contre, en institutionnalisant l’identification à l’islam au plan inter-étatique, l’OCI renforce le rôle de l’islam en tant que base identitaire par excellence de ses adhérants et permet donc de garder vivant, à long terme, l’idéal du panislamisme, de l’ummah, et même du Califat.

Le but de cet essai n’est pas d’analyser directement l’OCI en tant qu’institution, mais plutôt en tant que symbole de la solidarité et de la fraternité islamique et de ses impacts sur les relations internationales. C’est dans cette perspective que l’on peut se questionner sur le rôle de l’islam dans les relations internationales, ainsi que de la pertinence d’une telle institution pour promouvoir ce rôle. Pour se faire, nous débuterons en observant les limites de la solidarité islamiques inhérentes à la construction de l’OCI. Ensuite, nous aborderons l’apparente contradiction entre les principes de l’islam et le concept d’état, tout en y apportant des nuances. Finalement, nous tenterons de voir si le processus d’institutionnalisation de l’islam tend à alimenter une vision panislamiste, et ce en analysant certains développements récents sur le plan interne de l’OCI, ainsi que sur le plan externe, avec la coordination de sa politique étrangère.

Drapeau de l'OCI

Partie 1 – La solidarité islamique et ses limites

L’idée de créer une Organisation de la conférence islamique est venue lors d’une conférence à Rabat au Maroc, le 25 septembre 1969, en réaction à l’incendie criminel de la Mosquée Al-Aqsa de Jérusalem survenue deux mois plus tôt. C’est en 1972 que l’institution a vu officiellement le jour avec l’adoption de sa charte à Djeddah en Arabie Saoudite. Djeddah est depuis ce temps le siège provisoire du Secrétariat général de l’OIC, en attendant la « libération de Jérusalem ». L’organisation regroupe 57 états sur quatre continents, en plus de plusieurs observateurs (cinq états, une communauté, cinq organisations multilatérales et deux autres institutions islamiques)4.

Wikipedia)

Une origine dans un contexte « froid »
Lorsque les leaders de vingt-quatre états islamiques (plus l’OLP en tant qu’observateur) se rassemble à Rabat en 1969, malgré que nous soyons dans la période de la détente, ce sont toujours les impératifs bipolaires de la guerre froide qui dominent les relations internationales. De plus, le souvenir amère de l’humiliante défaite de 1967 est encore bien présent. Ce sont donc ces deux contextes politiques (la guerre froide et le conflit israélo-palestinien) qui motivent la création de l’OCI, bien plus que des considérations de solidarité religieuse. L’OCI « has always operated with a defensive mindset [and] focused on anti-Israeli sentiment, support for the Palestinian cause and the development of unity among Muslims »5. Au départ, l’organisation est donc plus une réaction défensive qu’une initiative constructive.

De même, l’OCI ne se présente pas comme étant non-alignée. En fait, les trois principaux instigateurs (Maroc, Arabie Saoudite et Pakistan) étaient tous plutôt alignés vers l’Occident, et chacun avaient ses propres intérêts, essentiellement d’ordres étatiques et nationaux. L’Arabie Saoudite craignant le panarabisme, le Pakistan en mal de sécurité (surtout après la sécession du Bangladesh en 1971) et le Maroc de Hassan II, ont chacun avancé « a Saudi policy of containment vis-à-vis Nasserite radicalism, a Pakistani pursuit of security and finance, and a Moroccan PR-venture, prompted by domestic contingencies and increasingly assertive challenges from Islamist groups »6. Pour ces pays, l’OCI était avant tout un outil de politique intérieure.

Depuis le début, l’Arabie Saoudite a fait la promotion du panislamisme dans le but de contrer l’expansion du panarabisme, mais lorsque l’islam révolutionnaire iranien devint la nouvelle menace, les Saoudiens se sont servis de l’OCI pour opérer « the depoliticization and desecuritization of Islamic internationalism »7. Ainsi, l’OCI devait strictement demeurer une institution apolitique de dialogue multilatéral, et pour se faire il y a eu « a massive proliferation of organs and agencies »8. Dès ce moment, la couronne Saoudienne se transforma en championne du panarabisme en appuyant l’Irak de Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran de Khomeini.

Par contre, malgré l’influence de la guerre froide sur la création de l’OCI, il faut mentionner que les efforts de créer une conférence multilatérale d’états islamiques sont antérieurs à la seconde guerre mondiale. Dès 1931, la Conférence islamique générale a été tenue à Jérusalem avec comme but d’institutionnaliser les rapports entre les quelques états islamiques existants. En 1935, un congrès islamique a été tenu à Genève pour regrouper les communautés originaires de pays islamiques vivant en Europe. Cependant, la guerre mit fin à ces projets. Il y a eu également quelques autres tentatives avant 1969 (et la guerre de 1967) avec la création d’une nouvelle Conférence islamique générale en 1956, par l’Égypte, le Pakistan et l’Arabie Saoudite ainsi que la Ligue islamique mondiale établit par ce dernier pays. Encore une fois, ces projets n’ont pas abouti.9

Des  intérêts « infidèles »
Si dès la création de l’OCI, les impératifs de la politique intérieure des états membres ont souvent pris le dessus sur la solidarité islamique, la même chose est vraie en ce qui concerne la politique extérieure. Par conséquent, plusieurs membres de l’OCI ont recherché la protection ou ont formé des alliances avec des puissances non-islamiques, parfois au détriment de pays islamiques. Également, certains membres de l’OCI ont même appuyé des pays non-islamiques dans des conflits, armés ou non, contre d’autres pays membres.

Qui dit guerre froide, dit recherche d’alliances avec soit les États-Unis ou l’URSS, et bien que plusieurs pays islamiques ont développé des liens étroits avec l’un ou l’autre, aucun n’a été autant dans une situation de dépendance au niveau sécuritaire que l’Arabie Saoudite. Malgré qu’elle soit un des promoteurs de la création de l’OCI, la championne du panislamisme et le protecteur de La Mecque et de Médine, la monarchie saoudienne a toujours eu une relation privilégiée avec, dans un premier temps, la Grande-Bretagne, et ensuite, les États-Unis. En fait, malgré son « mandat divin », l’état saoudien existe principalement grâce à l’aide externe. « The very nativity of the Saudi Kingdom unfolded in a scenario of inter-Islamic confrontation and extra-Islamic alliances »10. Et pour ce qui est de la confrontation, l’Iran est depuis 1979 la cible par excellence.

Après que l’Égypte ait été exclu de l’OCI en 1979 pour avoir fait la paix avec Israël (donc pour son manquement à la solidarité islamique), c’est l’Arabie Saoudite qui obtient sa réadmission dès 1984, en pleine guerre Iran-Irak, pour renforcer la « position arabe » dans l’OCI. Pourtant, l’Égypte ne fut réadmit dans la Ligue Arabe qu’en 1989. Malgré la protection américaine qu’elle dispose et son attitude de confrontation avec d’autres puissances islamiques, la position centrale de l’Arabie Saoudite ne semble pas en souffrir et l’OCI exprime souvent sa « full solidarity with the government of the Custodian of the Two Holy Mosques. »11

La rival des Saoudiens, l’Iran, est un autre exemple de pays qui compromet l’idée de la solidarité islamique dans ses relations internationales, et ce même après la révolution islamique. Ce n’est pas tant au niveau de ses alliances, qu’au niveau de ses positions diplomatiques, que l’Iran dévie de la logique de l’internationalisme islamique, et ce surtout depuis la fin de la guerre froide. Par exemple, dans le contexte de l’étroite relation entre l’Iran et la Russie, « Iran (and official OICdom) backed Russian territorial integrity »12 lorsque venait le temps de prendre position sur la guerre en Tchétchénie. De plus, l’Iran a préféré se rapprocher de l’Arménie chrétienne au détriment de l’Azerbaïdjan musulmane chiite.

Il faut pourtant préciser que les relations de certains membres de l’OCI avec des puissances « infidèles » ainsi que les divisions et les confrontations internes ne sont pas propres à la communauté islamique. D’autres communautés culturelles ont été divisées par de telles logiques d’intérêts nationaux, principalement durant la guerre froide. L’Europe et l’Asie du sud-est en sont des exemples, et leur intégration au sein de l’Union Européenne et de l’ASEAN respectivement, est désormais de plus en plus solide. Il n’y a pas de raison pour que l’OCI ne se consolide pas elle aussi, même si cela ne se traduira pas nécessairement par l’élimination complète des intérêts nationaux au profit de la solidarité islamique.

La carte du leadership islamique
Alors que plusieurs membres de l’OCI cherchent souvent des alliances avec des pays non-islamiques, cela n’empêche pas les plus importants d’entres eux de se servir de cette tribune pour renforcer leur position sur la scène internationale. C’est ce que l’on peut nommer la « carte du leadership islamique », que l’on pourrait définir comme une forme de la conception nationale du rôle que ces pays se donne (National Role Conception)13. En se positionnant comme un défenseur de l’islam (comme en critiquant Israël ou les États-Unis), ou encore en se présentant comme un modèle de développement politique, économique ou social, ces pays ont comme objectif d’être perçues comme des leaders à travers le monde islamique et ainsi être capables de promouvoir leurs propres intérêts particuliers à l’extérieur de leurs frontières. Les trois exemples les plus frappants de « leadership islamique » sont l’Arabie Saoudite, le Pakistan et l’Iran.

L’importance de l’Arabie Saoudite à l’intérieur de l’OCI a déjà été mentionnée. Sa principale crainte au niveau interne est la remise en question de la légitimité de la dynastie au pouvoir. C’est donc par une stratégie de réaction que l’Arabie Saoudite entreprend de sauvegarder sa position dans le monde islamique. Pour contrer toute agitation politique, elle propage sa version de l’islam wahhabite, dont l’idéologie est complètement apolitique, asociale et aculturelle.14 De plus, l’Arabie Saoudite est de loin le principal financier de l’OCI, ce qui lui donne une influence considérable au sein de l’institution. C’est dans ce sens qu’elle entreprend de promouvoir sa vision de l’ummah moderne, comme étant une communauté essentiellement économique.

L’origine même de la création du Pakistan le destinait à être un leader du monde islamique. Créé sur une base religieuse, le Pakistan était, avant la perte de sa partie orientale, le pays musulman le plus populeux de la planète. Mais le contexte de rupture qui le sépara de l’Inde, le condamna aussi à être constamment en position défensive. Le Pakistan a instrumentalisé la crise au Cachemire pour en faire un conflit rassembleur à travers tout le monde musulman, comme une autre Palestine. Il se présente donc comme un défenseur de l’islam, et c’est dans ce contexte, qu’il perçoit l’ummah moderne comme une communauté de sécurité.

Finalement, la révolution islamique a bouleversé l’équilibre politique au Moyen-Orient. L’objectif de la nouvelle République islamique en était un d’expansion idéologique au moyen d’une stratégie d’affirmation pro-active dans le monde islamique. L’Iran ne voyait aucun problème à se mêler des affaires internes des autres états islamiques, comme dans le Golfe, au Liban ou en Palestine; tout le contraire de l’Arabie Saoudite. L’Iran révolutionnaire ne voyait pas de contradiction entre l’intérêt de l’état et l’intérêt de l’islam et « sought a new synthesis of Islamic internationalism and the world of states. »15 La vision iranienne de l’ummah moderne, et donc de l’OCI, est celle d’une communauté politique. De plus, en janvier 2006, Isfahan fut voté « la capitale culturelle de l’islam » par l’OCI, donnant une importance symbolique à l’islam iranien, même à l’extérieur du monde chiite et persan.16

De ce fait, la joute de « la carte du leadership islamique » renforce la nature inter-étatique de l’OCI. L’ummah moderne, ou post-moderne17, est donc plus une communauté d’états, qu’une communauté de croyants. Cette sécularisation de la solidarité islamique nous amène à observer les relations (et contradictions) entre la religion islamique, sa conception universaliste de l’ummah, et l’acceptation par l’OCI de la construction étatique occidentale.

Partie 2 – L’islam, l’ummah et l’état

Après l’échec du mouvement pour la restauration du Califat au sommet du Caire en 1926, le monde islamique a semblé condamné à vivre sous un système d’états souverains. Avec la fin du système bipolaire et la possibilité de l’avènement d’un système tendant vers la multipolarité, le modèle occidental de la modernité politique, cette « greffe impossible » comme dirait Bertrand Badie18, peut être perçu comme étant sur la défensive. Malgré tout, l’OCI demeure une organisation d’états et malgré ses limites « it has maintained its image as an institution capable of attracting new members because it offers some benefits to them. »19 L’état n’a donc pas encore perdu son importance à travers le monde islamique.

La contradiction ummah-état
Dans la tradition musulmane, l’ummah représente la communauté universelle des croyants. C’est  avant tout un rassemblement d’individus, ou de communautés locales. Mais lorsque qu’un tel concept est transposé dans une organisation multilatérale d’états souverains, il y a certaines contradictions évidentes, du moins en apparence. Parmi les états membres de l’OCI, plusieurs ne sont pas à majorité musulmane. En fait, sa charte stipule qu’il suffit que le quart de sa population soit de religion musulmane pour qu’un état puisse demander l’adhésion, et encore là, une exception a été faite pour le Gabon. Dans l’autre sens, il y a aussi un très grand nombre de musulmans qui vivent dans des pays non-membres de l’OCI. Il y a entre 147 et 175 millions de musulmans en Inde (13,4 à 16,2% de la population totale), entre 26 et 39 millions en Chine (2 à 3%) et entre 33 et 37 millions en Éthiopie (45 à 50%).20

Cette existence d’importantes minorités a fait naître une certaine ambiguïté au sein de l’OCI. Étant donné ses principes de non-intervention et de respect de la souveraineté des états, « in its nascent years, the OIC was careful not to consider the problem of Muslim minorities for fear of annoying the states concerned. »21 Pour cette raison, ces minorités n’ont aucun statut dans la charte de l’OCI et ne sont pas représentées dans sa structure. Cependant, il est devenu de plus en plus difficile pour l’OCI d’ignorer les minorités musulmanes dans d’autres pays et, un peu malgré elle, « the Islamic Conference could not resist coming to the help of persecuted Muslim communities, particularly when the latter had no other recourse. »22 Les cas des communautés musulmanes des Philippines, de la Thaïlande, du Cambodge, de la Birmanie, du Cachemire, de la Bosnie ou de la Bulgarie ont souvent été à l’agenda des diverses rencontres de l’OCI.

Un tournant fut atteint en 1977 lorsque le Front de libération nationale Moro (FLNM) (représentant les musulmans du sud des Philippines) obtint le statut d’observateur à l’OCI. En 1980, l’OCI reconnue officiellement que le tiers de l’ummah vivait dans des pays non-membres et un comité composé de la Tunisie, du Sénégal et du Secrétariat général de l’OCI fut mandaté de faire des recommandations visant le bien-être des minorités musulmanes. En 1987, l’OCI adopta une résolution sur les minorités musulmanes avec comme but « d’encourager et d’inciter les gouvernements concernés à assurer aux minorités musulmanes leurs droits religieux, culturels, politiques et économiques. »23 Néanmoins, bien que certains en aient eu la volonté, aucune autre communauté, à part le FLNM, n’a été invitée aux conférences de l’organisation, probablement par crainte d’être accusée de violer le principe de souveraineté par des puissances importantes comme la Chine ou l’Inde.24 Au contraire, en devenant membres observateurs, la Thaïlande (en 1998) et la Russie (en 2005) ont réussit à dévier toute critique au sujet du traitement de leurs minorités musulmanes. Cela démontre bien le dilemme, entre la protection de l’ummah, tel qu’affirmée dans la charte de l’OCI, et la nature inter-étatique de sa structure institutionnelle, qui déchire les états islamiques.

Pourtant, même si l’OCI n’est pas le Califat, est-ce possible de faire un parallèle? Il y avait également beaucoup de non-musulmans dans le Califat ainsi que de musulmans à l’extérieur. Dans ce contexte, le Califat n’était pas l’ummah, mais son protecteur et son leader. Les deux devenaient donc  complémentaires. Une telle complémentarité entre l’OCI et l’ummah est-elle possible aujourd’hui? Le professeur de science politique égyptien Mohammad El-Sayed Selim fait remarquer la similitude entre les critères d’admission dans l’Union Européenne (partager des « valeurs européennes ») et ceux de l’OCI (partager des « valeurs islamiques »)25 et Sa’ad S. Khan fait remarquer que l’UE témoigne aussi de l’intérêt pour les minorités ethniques dans des états non-membres (comme en ex-Yougoslavie).26 Alors, si l’UE peut être le défenseur des « valeurs européennes » dans le monde tout en étant un regroupement d’états, l’OCI pourrait être le défenseur des « valeurs islamiques », donc de l’ummah.

L’état-nation, les élites traditionnelles et les aspirations populaires
Malgré les apparentes contradictions, le cadre étatique peut avoir une signification importante en plus d’être un outil de légitimation pertinent pour les élites traditionnelles des pays islamiques ainsi que pour les aspirations des masses populaires, même si c’est pour des raisons différentes. Pour ce qui est du premier groupe, l’OCI étant un regroupement d’états, elle contribue à garder les élites traditionnelles autoritaires au pouvoir. En effet, « leaders in most parts of the Islamic world are not accountable to anyone. »27, et la critique souvent formulée est que l’OCI est plus un regroupement d’autocrates illégitimes qu’un regroupement légitime de musulmans.

En vantant l’état-nation, les élites renforcent leur position en tant de protecteur de cet état-nation. Il n’est donc pas surprenant que l’OCI, dont très peu de membres sont des démocraties, ait privilégié l’état comme base de sa structure multilatérale. C’est ainsi que les élites islamiques ont bâti la structure de l’OCI comme un groupement d’états en tirant des leçons du panarabisme. Malgré l’échec de ce mouvement, et son rejet par les fondateurs de l’OCI, le panarabisme « demonstrated that ideas of unity held particular appeal among the masses [and] provided that national sovereignty could not be sacrificed to that vision. The OIC is an attempt to bring these agendas together. »28 Ainsi, unité et état souverain sont les clés de la sauvegarde du pouvoir.

En contrepartie, le cadre étatique peut aussi être un outil de contestation et de revendications pour les aspirations populaires. L’islamisme, la forme la plus répandue de contestation politique de l’ordre établie dans les pays islamiques, trouve son affirmation et sa légitimité par le biais de l’état. L’exemple le plus frappant est la révolution iranienne, qui unissait à la fois universalisme islamique et nationalisme. Le parallèle avec le communisme à déjà été fait par Naveed S. Sheikh : « a radical political realist, Khomeini was doing to Shi`ism, erstwhile quietist, exactly what Lenin had done to Marxism. »29 En effet, tout comme le communisme s’efforçait de s’imposer dans un pays à la fois, tout en s’inspirant d’une idéologie universaliste, l’islamisme promut par l’Iran en faisait de même. Nous pourrions donc modifier le slogan « communistes, les plus fidèles fils de la nation »30, par « islamistes, les plus fidèles fils de l’état-nation ».

Depuis la révolution islamique en Iran, nous avons assisté aux succès électoraux du Hezbollah au Liban, à la formation d’un gouvernement par le Hamas en Palestine, à la prise du pourvoir de la coalition de six partis islamistes (le MMA) dans deux provinces du Pakistan, ainsi que celle du Parti islamique de Malaisie (ou PAS), également dans deux états fédérés. Tous ces groupes, qui on en commun l’islamisme comme idéologie, acceptent de participer au processus politique de leurs états respectifs, tout en tenant un discours universaliste et panislamiste.

La montée de l’idéologie islamiste parmi les membres de l’OCI est progressivement en train de transformer l’organisation en atténuant la contradiction état-ummah. Lors de la session d’urgence de l’OCI à Kuala Lumpur en août 2006, le PAS (qui est un parti de l’opposition) s’est servi de cette tribune pour demander des changements radicaux au sein de l’institution et de sa relation avec le reste du monde : « the OIC should move away from the old paradigm and evolve into a military alliance to better defend Islam and the sovereignty of Muslim nations, [and it] should also create an economic bloc like the EU to better represent and defend Muslim nations. »31

Cette déclaration n’est pas seulement représentative des revendications populaires, mais elle est aussi en accord avec certains développements récents à l’intérieur même de l’OCI. Lorsque le panislamisme est mis en pratique de façon concrète à l’intérieur de certains états, son attrait et sa transposition sur le plan international sont renforcés. Le panislamisme devient de plus en plus une force concrète grâce à son institutionnalisation au sein de l’OCI.

Partie 3 – L’institutionnalisation du panislamisme

Les limites concrètes de l’OCI sont assez souvent commentées32, et notamment, nous avons déjà survolé ces limites au niveau du respect de l’idéal de la solidarité islamique ainsi qu’au niveau de la relation état-ummah. Une des conséquences de l’incapacité de l’OCI à démontrer une position unifiée et d’agir activement sur la scène internationale, fut l’accumulation de différentes agences islamiques, la croissance rapide d’une bureaucratie islamique, et la multiplication des conférences et des sommets islamiques. Cette institutionnalisation du panislamisme fait en sorte de renforcer la place de l’islam dans l’identité nationale des états islamiques.

Un peu comme la multiplication des organismes internationaux tend à homogénéiser les normes et les pratiques et ainsi imposer le système occidental d’états-nations,33  la multiplication des organismes islamiques tend à imposer l’islam comme référent identitaire. Après tout, l’OCI est la plus importante organisation multilatérale au monde, après l’ONU.34 Sans elle, tout comme durant la guerre froide, d’autres référents identitaires surviendraient, divisant ainsi le monde islamique. Par exemple, des pays comme la Malaisie, l’Indonésie ou le Bangladesh pourraient s’identifier à la démocratie, se rapprochant donc de l’Occident. Alors, bien que l’OCI soit limité ou inefficace, à long terme l’influence de l’islam en sort gagnant dans le système international. C’est là que nous devons chercher les germes du panislamisme prenant sa place dans le nouvel ordre mondial.

Le panislamisme normatif
Plusieurs développements récents à l’intérieur de l’OCI font présager que, d’ici quelques années, le monde islamique pourrait fonctionner dans un cadre institutionnel intégré, tant au niveau socio-économique que juridique. Cela aura le potentiel de transformer l’OCI en un véritable bloc géopolitique avec un centre plutôt unifié. Le fait que le monde islamique fonctionne avec des normes communes, qui peuvent parfois entrer en contradiction avec les normes « universelles » dictées par l’Occident aura certainement des conséquences.

Du côté économique, dès les années 70, l’OCI se donna comme objectif de promouvoir les principes de ce que l’on appelle « l’économie islamique ». En 1973 a été fondé la Banque de développement islamique, qui aide à la fois les états membres de l’OCI et les communautés musulmanes dans des états non-membres. En 1977 a été fondé l’Association internationale des banques islamiques, associé à l’OCI, avec comme objectif de promouvoir le concept de « l’économie islamique » et des pratiques bancaires en accort avec la charia. « Because Islamic economics was developed to serve cultural and political ends, [...] it needed only to differentiate itself from the intellectual traditions that it was aiming to displace. »35 La promotion de ces idées donnent l’impression que le monde islamique est régit par des normes économiques différentes du reste du monde.

De plus, en octobre 2005 a été inauguré par l’OCI le premier Forum mondial de l’économie islamique. À ce forum, il fut question de créer, d’ici quelques années, une zone de libre-échange s’étendant à tous les états membres.36 « Religion acts as a major common denominator that goes a long way in overcoming barriers, [and] the fact that Islam is a potent and actionable social doctrine provides the necessary grounds for this market to overcome communal, cultural and even national agendas. »37 Tout comme l’intégration européenne a débuté avec l’idée d’un marché commun, cette initiative de l’OCI peut avoir un impact énorme sur l’intégration institutionnelle du monde islamique.

Dans le domaine juridique, une résolution de l’OCI en 1987 établit la création d’un Tribunal islamique international basé au Kuwait. Bien qu’il ne soit pas encore opérationnel, ce tribunal fait poser d’importantes questions aux experts en droit international : au niveau de son fonctionnement, « since only Islamic states can be represented before the IICJ [International Islamic Court of Justice], what would happen in case of conflit of juridiction raised by a non-Islamic country under the same dispute? »38; ainsi qu’au niveau de ses impacts politiques, se demandant « how would the State of Israel react in front of a group of Muslim states which probably for the first time would be governed by a commom international judicial system? »39. Ce serait effectivement la première fois que le monde islamique se sentirait aussi unifier sous des normes communes et il est difficile pour le moment d’en mesurer les conséquences.

La politique étrangère du panislamisme
Si la création de l’OCI est la conséquence d’un contexte géopolitique (la guerre froide) et d’un contexte événementiel (le conflit israélo-palestinien), il en est de même pour la coordination récente de sa politique étrangère. Le nouveau contexte géopolitique est la fin de la bipolarité et la reconfiguration des logiques de puissances et d’alliances stratégiques. En face, se trouve un nouveau contexte événementiel : l’après 11 septembre, « la guerre contre le terrorisme » et l’impression à travers le monde islamique que l’islam est en état de siège.

Il est vrai que l’OCI a adopté des dizaines de résolutions par le passé sur divers événements touchant des pays membres, mais ce sont les divisions internes qui prenaient souvent l’avant-plan (guerre Iran-Irak, guerre du Golfe). Seul le conflit israélo-palestinien demeurait un point de consensus au niveau de la politique étrangère.

Mais la post-bipolarité offre de nouvelles opportunités pour le monde islamique. D’un côté, le terrorisme touche les pays islamiques encore plus qu’il ne touche l’Occident, de l’autre, les masses populaires ont de plus en plus l’impression que « la guerre contre le terrorisme » est une guerre contre l’islam. Les états membres de l’OCI sont donc confrontés à une situation où ils doivent combattre la menace terroriste sur leur territoire, mais « any move that could appear as submitting to America is fraught with danger. »40 Le danger de donner raison à Al-Qaeda et ainsi alimenter encore plus le terrorisme, sans compter le danger d’agitations politiques contre les régimes aux pouvoir. La solution à ce problème ne peut donc venir que par l’unité du monde islamique, un défi de taille pour l’OCI.

À la Conférence islamique des ministres des affaires étrangères tenu au Qatar en octobre 2001, l’OCI fut une des premières organisations multilatérales à condamner les attaques terroristes sur les États-Unis, en plus de déclarer que « such shameful terror acts are opposed to the tolerant divine message of Islam which spurns aggression. »41 Bien que soutenant discrètement au départ la campagne américaine contre les Talibans en Afghanistan, en espérant voir la capture d’Oussama Ben Laben, l’OCI a rejeté « the targeting of any Islamic or Arab State under the pretext of fighting terrorism »42, présageant l’invasion de l’Irak.

Un an et demi plus tard, l’OCI retombe dans la division face à cette invasion. Bien qu’ayant appelé à une réunion d’urgence à Kuala Lumpur, le fait que la présidence de l’OCI de l’époque, le Qatar, soit l’hôte des forces militaires américaines, était plutôt gênant43. Par contre, en octobre 2006, l’OCI tenta de se redonner un rôle en rassemblant à la Mecque, d’importants érudits religieux sunnites et chiites pour demander aux Irakiens « to stand united in protecting the independance, unity and territorial integrity of their country [...] in order to put an end to the foreign occupation and restore and reinstate Iraq’s Arab-Islamic role. »44 À part affirmer que « ce document est une réalisation historique qui aura une suite »45, le Secrétaire général de l’OCI admit que « it is a moral obligation. Neither the OIC, nor anyone else, has power over the consciences of men. »46 Il ne saisissait probablement pas que le simple fait qu’une telle organisation comme l’OCI s’insère dans un conflit au nom de l’islam, lui donne justement un pouvoir sur la conscience des musulmans, en donnant une place centrale à l’islam dans les relations internationales.

Cette place avait été symboliquement renforcée en septembre 2006 lorsque le premier ministre de la Turquie Racep Tayyip Ergodan choisit une cérémonie d’inauguration de l’OCI à Istanbul47 pour déclarer, en plein contexte de débat parlementaire sur le déploiement de troupes turques au Liban, « we can’t forget our historic responsibility as an OIC member. »48 La cérémonie ayant eu lieu au Palais Dolmabahce, demeure du dernier sultan Ottoman, la déclaration conjura des souvenirs du Califat que la Turquie avait elle-même démantelé en 1924. L’institutionnalisation du panislamisme par l’OCI n’est pas sans influence dans le fait que la Turquie, un pays laïque candidat à l’Union Européenne, puisse encore tenir un « discours islamique ».

Conclusion

Nous pouvons donc maintenant boucler la boucle. Si l’idéal du panislamisme a de la difficulté à trouver des consensus, tant au niveau normatif, qu’au niveau de la politique étrangère, cela est dû au fait que les intérêts nationaux des membres et les contradictions entre le concept d’état souverain et de l’ummah limitent son épanouissement. Ces limites se traduisent à l’intérieur de l’OCI par des conférences adoptant des résolutions superficielles « occasionally marked by such tedium as whether smoking should be allowed during the deliberations. »49 qui mènent à un sentiment d’impuissance. La réponse à cette impuissance concrète sur le plan international est le renforcement interne de l’OCI en tant qu’institution par un processus de bureaucratisation et de multiplication des agences et des organes. C’est justement cette institutionnalisation qui entraîne l’homogénéisation des normes régissant le monde islamique et, ainsi dans le nouvel ordre mondial, renforce la place de l’islam dans les relations internationales et garde vivant l’appel unificateur du panislamisme.

Les développements récents à l’intérieur de l’OCI montrent que les visions compétitrices (économie, sécurité et politique) des trois principaux membres (Arabie Saoudite, Pakistan et Iran, respectivement) sont peu à peu en train de se compléter. Ce qui nous amène à réfléchir sur le futur de l’organisation.

Durant les années à venir, nous devrons observer le développement des projets de zone de libre-échange et du Tribunal islamique international. De plus, au niveau de la politique étrangère, il sera important de voir comment l’OCI pourra jouer un rôle dans la résolution de conflits touchant des états membres (Irak, Afghanistan) ou des communautés musulmanes dans des états non-membres (Territoires palestiniens occupés, sud de la Thaïlande). Ce rôle pourrait être bouleversé avec les pressions de plus en plus grandes pour que le monde islamique soit représenté au Conseil de sécurité des Nations Unies. Plusieurs proposent l’OCI pour ce « siège musulman ».50 Finalement, l’actuel Secrétaire général de l’OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu désire réformer l’organisation en profondeur et changer sa charte dans le but de la rendre plus efficace et « boost Islamic solidarity among the member states », pour en faire « a highly effective body for forming consensus in the Islamic world. »51 S’il réussit, ce sera très intéressant sur le plan de l’équilibre des blocs au niveau international.

Donc, malgré toutes ses faiblesses et ses limites, ce serait faire preuve de négligence que d’ignorer complètement le rôle de l’OCI sur la scène internationale. Mais ce serait encore plus négligeant que d’ignorer la force et l’influence de l’islam politique et de l’attrait bien réel que représente le panislamisme auprès des populations musulmanes. L’ummah « post-moderne » transcende le concept d’état-nation tout en vivant temporairement en complémentarité avec lui. C’est seulement sur le long terme que nous verrons si la « greffe » de l’état survivra dans le monde islamique ou si une nouvelle structure internationale purement islamique prendra sa place.

Notes de fin

1 L’expression est de Francis Fukuyama, voir Francis Fukuyam, The End of History and the Last Man, 1992.

2 Voir l’organisation Project for the New American Century créé en 1997, <http://www.newamericancentury.org/>.

3 L’expression vient de la firme d’investissement Goldman Sachs, voir « The BRICs Dream: Web Tour »,  <http://www2.goldmansachs.com/insight/research/reports/report32.html>.

4 Voir la carte à la page 10, ainsi que le site officiel de l’OCI, <http://www.oic-oci.org/>.

5 Shahram Akbarzadeh et Kylie Connor, « The Organization of the Islamic Conference : Sharing an Illusion », Middle East Policy, 2005.

6 Naveed S. Sheikh, « Post-modern Islamism?: The International Politics, and Polemics of Comtemporary Islam », Journal of Third World Studies, 2002.

7 Ibid.

8 Ibid.

9 Mohammad El-Sayed Selim, « Globalization, Multi-lateralism and the Islamic World », IslamOnline.net, 9 janvier 2003, <http://www.islamonline.net/english/Contemporary/2003/01/Article01.shtml>.

10 Naveed S. Sheikh, loc. cit.

11 OCI, « The secretary-General has expressed his strong condemnation and stigmatization of the brutal killing and decapitation in Riyadh of the U.S. hostage Paul M. Johnson », 20 juin 2004, <http://www.oic-oci.org>, cité dans Shahram Akbarzadeh et Kylie Connor, loc. cit.

12 Naveed S. Sheikh, loc. cit.

13 Louis Bélanger, Culture et décision de politique étrangère, exposé magistral numéro 12, Automne 2006.

14 Voir l’analyse d’Olivier Roy sur le « néo-fondamentalisme » ou salafisme, dans Olivier Roy, L’islam mondialisé, Paris, Éditions du Seuil, 2002, pp. 133-163.

15 Ibid.

16 Pepe Escobar, « Messages of hope from Iran », Asia Times Online, 28 mars 2006, <http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/HC28Ak01.html>.

17 Naveed S. Sheikh parle de « panislamisme post-moderne », voir Naveed S. Sheikh, loc. cit.

18 Voir l’analyse de Badie sur l’occidentalisation de la scène internationale dans Bertrand Badie, L’État importé. L’occidentalisation de l’ordre politque, Paris, Fayard, 1992, pp. 82-121.

19 Mohammad El-Sayed Selim, loc. cit.

20 Ces chiffres proviennent à la fois de Wikipedia, <http://en.wikipedia.org/wiki/Islam_by_country> et du CIA World Factbook, <https://www.cia.gov/cia/publications/factbook/index.html>.

21 Sa’ad S. Khan, « The Organization of the Islamic Conference (OIC) and Muslim Minorities », Journal of Muslim Minority Affairs, 2002.

22 Ibid.

23 Résolution 22 sur les affaires politiques adopté au cinquième Sommet islamique au Kuwait, <http://www.oic-oci.org/french/conf/is/5/54th-is-sum(political).htm#22>

24 Sa’ad S. Khan, loc. cit.

25 Mohammad El-Sayed Selim, loc cit.

26 Sa’ad S. Khan, loc. cit.

27 Hilmi Toros, « Religion: ‘Islam can be democratic,’ Moderates say », Global Information Network, 16 avril 2004.

28 Shahram Akbarzadeh et Kylie Connor, loc. cit.

29 Naveed S. Sheikh, loc. cit.

30 Thème de la campagne du Parti communiste autrichien en 1947, cité dans Pierre Du Bois, « Guerre froide, propagande et culture (1945-1953) », Relations internationales, 2003, p. 442.

31 Salahuddin Ayub, leader du PAS, cité dans Baradan Kuppusamy « Politics: Meeting of Muslim nations exposes deep rifts », Global Information Network, 7 août 2006.

32 Voir par exemple, Shahram Akbarzadeh et Kylie Connor, loc. cit.; Phar Kim Beng « OIC: Organized irrelevance », Asia Times Online, 22 octobre 2003, <http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/EB27Ak04.html>; et Baradan Kuppusamy, loc. cit.

33 Louis Bélanger, Culture et systèmes internationaux, exposé magistral numéro 3, Automne 2006.

34 Ekmeleddin Ihsanoglu, Secrétaire général de l’OCI, cité dans Lawrence Smallman, « Conflict, reform on OIC Yemen agenda », Aljazeera.net, 27 juin 2005, <http://english.aljazeera.net/NR/exeres/00785891-284A-4D97-B6F2-B1A02A7DC327.htm>.

35 Timur Kuran, « Islamic Economics and the Islamic Subeconomy », The Journal of Economic Perspectives, 1995.

36 AFP, « OIC chief favors free trade zone », Aljazeera.net, 9 décembre 2005, <http://english.aljazeera.net/news/archive/archive?ArchiveId=16431>; et Agences de presse, « OCI Rallies Support for Islamic Free Trade Area », IslamOnline.net, 1 octobre 2005, <http://www.islamonline.net/English/News/2005-10/01/article04.shtml>.

37 Kamal Dimachkie, directeur de la gestion de la compagnie de publicité Leo Burnett à Dubaï, cité dans Guy Clapperton, « Spreading the sense of Ummah », Director, février 2006.

38 Michele Lombardini « The International Islamic Court of JusticeL Towards an International Islamic Legal System? », Leiden Journal of International Law, 2001.

39 Ibid.

40 Ray Takeyh, « Between the lines: Two Cheers from the Islamic World », Foreign Policy, 2002.

41 Communiqué final de neuvième session extraordinaire de la Conférence islamique des ministres des affaires étrangères, cité dans ibid.

42 Ibid.

43 Voir Phar Kim Beng, loc. cit.

44 Syed Saleem Shahzad, « Osama’s answer to Iraq’s violence », Asia Times Online, 26 octobre 2006, <http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/HJ26Ak04.html>

45 OCI, « À l’ouverture de la rencontre de la Mecque sur la question irakienne, le Secrétaire général de l’OCI a déclaré : ‘Ce document est une réalisation historique qui aura une suite’ », 20 octobre 2006, <http://www.oic-oci.org>.

46 Syed Saleem Shahzad, loc. cit.

47 OCI, « OIC Secretary General attends the inauguration ceremony of the new headquarters of the Islamic conference youth forum for dialogue and cooperation », 5 septembre 2006, <http://www.oic-oci.org>.

48 M K Bhadrakumar, « Turkey’s hight-stakes march into Lebanon », Asia Times Online, 9 septembre 2006, <http://www.atimes.com/atimes/Central_Asia/HI09Ag01.html>.

49 Phar Kim Beng, loc. cit.

50 Voir Ekmeleddin Ihsanoglu, Secrétaire général de l’OCI, cité dans Agences de presse, « Reform, Greater Role Top OIC Ministers’ Meeting », IslamOnline.net, 29 juin 2005, <http://www.islamonline.net/English/News/2005-06/29/article03.shtml>, voir aussi le discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad au débat général de la 61e session de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2006, où il fait aussi cette demande, <http://www.un.org/webcast/ga/61/pdfs/iran-e.pdf>.

51 Lawrence Smallman, loc. cit.


Réponses

  1. mon nom est Moussa Mamadou,je suis ivoirien vivant en Cote Divoire,et je crois que cette organisation joue avec nos sentiments.comment comprendre que les decisions issues de leur travaux sont sur les tables des USA ou encore de l’Angleterre bien avant qu’elle parraisse officiellement.

  2. Comme j’ai indiqué dans mon introduction, je but de l’essai n’était pas d’analyser le fonctionnement interne de l’OCI, mais plutôt sa symbolique sur la scène internationale. Je ne suis pas très familié avec le processus de décision interne, mais je suppose que le fait auquel vous faites référence est la conséquence de liens très étroits entre certains membres importants de l’OCI (comme l’Arabie Saoudite ou le Pakistan) avec les puissances occidentales.
    Ce n’est qu’une preuve supplémentaires des divisions internes de l’OCI et donc du besoin de réformes importantes si l’organisation désire jouer un rôle pertinent dans le monde.


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